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Octobre
2001:
À propos des données personnelles...
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L'édito
Les
données personnelles sont au centre d'une problématique
juridique d'autant plus aiguë qu'il apparaît urgent,
au regard de certains facteurs tels que le développement
de l'informatique avec l'essor de l'Internet et par voie de
conséquence du commerce électronique, d'accroître
leur protection. Si la France a su se doter depuis 1978 d'une
loi visant à protéger les personnes contre les
méfaits de la collecte puis du traitement de telles informations,
l'ampleur du phénomène traduit aujourd'hui l'inadaptation
des droits et libertés classiques face à la gestion
des risques toujours plus grands de dérive : interconnection
des fichiers, atteinte à la vie privée
La
pratique de collecte des informations personnelles existe depuis
de nombreuses années sous le couvert de satisfaire un
besoin légitime d'information des secteurs privé
(entreprises de marketing direct, banques, entreprises en ligne
)
et public (administrations fiscales, sociales
), il apparaît
aujourd'hui que les atteintes portées au droit des individus
qui ont fournies ces données, se sont accrues proportionnellement
à la valeur économique de celles-ci. Ces données
sont ainsi devenues l'enjeux d'un marché florissant où
beaucoup d'entreprises essaient de s'implanter tant au niveau
national qu'international et ce, au mépris de règles
juridiques qui ont trouvé une limite à leur effectivité.
En
effet, la dématérialisation de l'information est
venue bouleverser la donne. L'édiction de la directive
95/46/CE relative à la protection des données
personnelles et à la libre circulation de ces données,
a révélé avec plus d'acuité encore,
l'affrontement de deux courants de pensées. Au mercantilisme
exacerbé du bloc-américain a fait face une Europe
fidèle à une tradition humaniste de protection
des droits de la personne. Devant l'idée d'appropriation
s'est érigé le principe d'indisponibilité.
Certains
auteurs ou professionnels du droit nord-américains envisagent
le droit de propriété comme protection à
la collecte des données. En effet, bien qu'elle heurte
la sensibilité d'une grande majorité d'auteurs
européens, comment ne pas trouver l'idée séduisante
lorsque l'on est possesseur de données si recherchées
? Ainsi, les opposants à la collecte en vue de la revente
maintiennent que ceux qui réunissent des informations
pour une utilisation mercantile dérobent ces dernières
à leurs véritables propriétaires. S'il
est vrai qu'à la lecture de nombreuses doctrines, nous
sommes loin d'admettre cette " patrimonialisation "
d'un attribut que nous considérons comme faisant partie
intégrante de la sphère des droits de la personnalité,
force est d'admettre que l'idée a le mérite de
susciter la discussion.
Le concept
d'appropriation de l'information n'est pas nouveau et s'il est
une chose que nous ne devrions pas envier aux américains,
c'est bien celle d'y avoir songer. Cependant, il reste que la
notion de données personnelles si étroitement
liée à celle de la personne ne saurait souffrir
d'une chosification si avide. Certes, à l'heure où
la net-économie fait ses premières estimations,
on ne compte plus les fichiers "clients" constitués
et revendus comme actifs de sociétés en dépôt
de bilan. Certes, nous nous inscrivons pour beaucoup d'actes
de la vie courante dans autant de bases de données monnayées
qu'il existe d'entreprises en France. Si l'image est exagérée
force est de constater que les sondages papiers que nous recevions
dans nos boites aux lettres sont à présent numérisées
pour un maximum d'efficacité et de profit. Certes, on
ne saurait considérer les fichiers administratifs comme
des annuaires téléphoniques
Certes, s'il
existe bien un " marché " de la donnée
personnelle, les entreprises qui en sont naturellement les principaux
fournisseurs, ne sont pas en situation de position dominante.
Certes, les concessions accordées à des entreprise
privées ne font que rémunérer le coût
d'un traitement nécessaire de collecte, d'organisation
et de développement qui permet de " produire, analyser,
diffuser, coordonner, former et coopérer ". Certes,
lorsque vos données sont regroupées et croisées,
le profilage obtenu ne l'ai que pour une seule et unique raison,
améliorer un service dont vous êtes le bénéficiaire.
N'existe-t-il pas un paradoxe entre une situation de fait qui
révèle l'existence de bénéfices
publics ou privés et une tradition de pensée qui
se veut protectrice de la personne humaine.
Caroline
Delrue,
Doctorante, allocataire de recherche
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